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28/09/2009

Les Jeux de la Francophonie et le grec

 

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Les grands mots à majuscules ne manquent pas dans les discours officiels de la cérémonie d’ouverture des VI ème  Jeux de la Francophonie à Beyrouth : Solidarité, Sport, Excellence, Paix, Avenir, Jeunesse, tout y est. Il faut dire que l’événement est de taille, une quarantaine de pays réunis , une semaine de sport et de programmation culturelle... Pour se maintenir à flot ,la francophonie a du s’adosser à des valeurs universelles et cherche à être associée à leur promotion. Autre enjeu, l’image du Liban à l’international. Le pays continue de souffrir de l’impression d’instabilité qu’il renvoie, malgré les deux millions de touristes venus cet été (du jamais vu depuis la guerre civile de 1975).
Et l’organisation des jeux à mis le paquet : plusieurs milliers de volontaires bénévoles, un spectacle réunissant jusqu’à 2 000 figurants, tout en sons et lumières, animateurs vedettes et stars préférées des Beyrouthins …


Première étape : le protocole. Fanfares militaires d’abord, puis scouts et enfin, salut des officiels au drapeau libanais, qui permet de constater que la situation politique libanaise reste tendue : Saad Hariri , élu président d’un gouvernement qu’il n’arrive pas à former depuis juin dernier est acclamé par les deux-tiers du stade, membres du 14 mars, la coalition anti-syrienne. Puis Nabih Berri, le Président du Parlement, constitutionnellement membre de la communauté chiite libanaise s’avance, sous quelques applaudissements brouillés par des sifflets. Enfin, c’est le Président de la République, Michel Sleimane qui défile, ovationnée par l’intégralité des 15 000 spectateurs présents à la Cité Sportive.


délégation afrique.JPGS’en suit la présentation des 44 délégations présentes… Le Niger, dernier organisateur des jeux tient entame le tour d’honneur, suivi de tous les pays par ordre alphabétique. Certains dont on ne soupçonne pas la francophonie : comme la Bulgarie ou la Grèce. Les uns arrivent en boubous, les autres en costards cravates (les Suisses !) , d’autres enfin, totalement dépareillés, presque en touristes. Les délégations sont inégales, sept Cambodgiens, une poignée d’Arméniens.. tandis que le Cameroun arrive en force. La palme est détenue par la Canada, plus de 300 personnes sous trois délégations différentes : ‘Canada’ , ‘Canada New Brunswick’ et ‘Canada Québec’… le grec.JPGA l’extrême inverse, un Grec défile seul derrière le panneau de son pays. A noter la présence des Belges sous la curieuse bannière ‘Communauté francophone de Belgique’ et l’absence de l’Algérie. Le duo de présentateur, l’un en arabe, l’autre en français, force parfois l’enthousiasme, mais les applaudissements du public y sont.


Et après les discours du Président de la Francophonie et du Président de la République Libanaise, qui case discrètement l’affaire du droit au retour des palestiniens dans son texte, commence « le spectacle offert par le Liban au 75 millions ( !) de téléspectateurs ! »
Quarante-cinq minutes de chants et de danses. On passe par toutes les villes du Liban, Baalbek et  la danse traditionnelle libanaise, la Dabké; une chorégraphie hip-hop sur le thème de lécriture pour Byblos ... Un magnifique chant mêlant l’Ave Maria et un chant de muezzin symbolise Beyrouth, suivi de LA chanson de la capitale  (Ya Beyrouth (paroles et musique)) interprétée par la cantatrice libanaise Magida el Roumi et reprise par tout le stade. On est parfois à la limite du kitch, de temps en temps un peu grandiloquent (« C’est de Tyr que partit la princesse phénicienne Europa qui fonda un continent »..rien que ça !), mais l’intention et el message y sont : le Liban revendique son passé de berceau culturel et son caractère multi ethnique et multi religieux. La cérémonie d’ouverture de termine par un duo réunissant Magida el Roumi et Youssou’n Dour, « Enfants de la terre, nous sommes sa famille », sur fond d’images d’enfants et de jeunes du monde entier, réellement émouvant.

 

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15/09/2009

Mésaventures (1) Pas de photo au Hezbollah-land


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14/09/2009

La fête à Bashir Gemayel

 

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Lui, c'est Bashir Gemayel, le "Bashir" de "Valse avec Bashir".

 

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Eux, ce sont ses jeunes partisans. La plupart n'ont même pas vingt ans. Ils n'étaient donc pas nés lorsque celui qu'ils célèbrent aujourd'hui a été assassiné.

Pour les partisans des phalanges chrétiennes, (et habitants de notre quartier), on pourrait presque dire « ils se sont mis sur leur 14 septembre ». Il y a 27 ans, le chef maronite de ces phalanges, Bashir Gemayel, était tué dans un attentat dans le centre de Beyrouth. Il était Président de la République libanaise depuis trois semaines, et n’avait pas encore prêté serment. Mais ce Bashir n’est pas que connu pour ses bonnes actions : fondateur des Forces Libanaises en 1976, il s’est ‘occupé’ de ses rivaux chrétiens comme Tony Frangié et  a combattu Dany Chamoun. Son organisation est également à l’origine du massacre de Sabra et Chatila, en représailles de son assassinat.

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Devant l'église de la maison centrale à Achrafieh, le sujet est d'ailleurs rapidement évacué. "Certains regrettent ce qu'il s'est passé, concède un partisan, mais il faut aussi voir aussi ce que les Palestiniens ont fait aux chrétiens du Liban..." Un étudiant habitant le quartier confie: "Eux ont leurs martyrs, nous avons le nôtre, khalass!"

Car Bashir Gemayel reste un martyr pour ses partisans, qui sont de sortie pour lui rendre hommage, aujourd'hui. Des photos de lui partout, sur les devantures des magasins, les vitres de voitures…

Des drapeaux en veux-tu en voilà, des défilés et des concerts de klaxon, rien n’est de trop. Place Sassine, près de là où il a été tué, deux camionnettes pleines de baffles se chargent de diffuser, à fond la caisse, des chants en son hommage. Des gens affluent de partout, drapeau à la main, pour assister à la messe célébrée en son hommage. Fouille à l’entrée, sécurité oblige …

A l'intérieur, le patio est rempli de drapeaux blancs ornés du cèdre entouré de rouge.

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La famille (son frère Amine, sa veuve Solange, son fils Nadim et son neveu Sami) et les caciques (Samir Geagea, Zyad Baroud) sont assis aux premiers rangs. A la tribune, Solange Gemayel donne de la voix, et en profite pour dénoncer la situation de blocage politique au Liban (le pays n'a toujours pas de gouvernement depuis les élections du 9 juin dernier).

 

Et à la sortie, les traditionnels coups de feu en l’air, juste pour le côté festif, et les feux d’artifices ou autres pétards…Les cadres du parti et la famille sortent, accompagnés de dizaines de gorilles en costards sombres et lunettes noires.

 

 

 

 

 

 

 
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