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28/09/2009

Un petit air de Téhéran à Baalbeck

 

Baalbeck.jpg

Impossible pour le touriste en visite au Liban de quitter le pays du Cèdre sans avoir vu Baalbeck. Depuis au moins l'époque du mandat français (on a vu une affiche montrant les ruines de Baalbeck avec la mention "visiter la Syrie"), le site archéologique de cette ville de l'est du pays est un must see d'envergure internationale.

 

Mosquée 1.jpg

 

 

Peu avant les ruines, on aperçoit aussi depuis quelques années une superbe mosquée bariolée de nombreuses arabesques et de mosaïques de couleurs bleues très vives. Une mosquée "à l'iranienne": normal, il y a quelques années elle a été entièrement financée par le régime de Téhéran. En s'en approchant, on distingue d'ailleurs les portraits du père de la révolution islamique, l'Ayatollah Khomeiny, et l'actuel Guide suprême, Ali Khamenei.

 

 

 

 

 

 

 

Ces visages, on les retrouve sous forme de portraits géants  sur la route aux alentours de Baalbeck, dans la plaine de la Bekaa. Un coup, on Portraits Hezb 1.jpgcroise Khomeiny saluant la foule. Puis, l'actuel chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah ou encore Imad Moughnieh, dirigeant du parti de Dieu assassinée l'an dernier en Syrie. Partout, les mêmes visages des martyrs de la guerre de l'été 2006 contre Israël. Leurs photos sont scellées du célèbre logo du "Hezb", que l'on retrouve partout: sur les drapeaux à fond jaune, et même....imprimé sur les t-shirts dans les boutiques pour touristes.


Lorsqu'on entre dans un café ou un restaurant de chawarma, les clients fument le narguilé en regardant la chaîne "Al-Manar", qui diffuse les programmes du mouvement chiite, fondé au début des années 1980. Et les photos de Nasrallah se nichent un peu partout.

 

 

 


Image ministère.jpgComme d'autres endroits au Liban (la banlieue-sud de Beyrouth, tout le Sud chiite du pays), Baalbeck est un des fiefs du Hezbollah, un parti considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis (mais pas par l'Union européenne). Dans la rubrique "sécurité" de la fiche "Liban" que l'on peut consulter sur le site du Ministère français des affaires étrangères, Baalbeck apparaît sur une zone "orange", signifiant qu'il est "déconseillé de s'y rendre, sauf pour raisons professionnelles impératives".



"Ici, ils ne vous feront rien du tout, ce sont des gens très gentils", assure M. Jammal, un médecin qui possède également des chambres meublées à deux pas des ruines. "C'est parce qu'à Beyrouth on a en tête tout ce qu'il se passe dans la banlieue sud que les gens ont une image négative de Baalbeck. Mais cela n'a rien à voir". Est-ce parce que contrairement à Beyrouth-sud et au Liban-sud, la ville a été relativement épargnée par les bombardements israéliens en juillet 2006? Ici, très peu d'impacts de balles, ou de traces de destructions...On ne retrouve pas vraiment cette paranoïa chez les militants Hezbollah de Beyrouth-sud qui consiste à voir derrière chaque touriste muni d'un appareil photo un espion du Mossad. Le soir, l'ambiance est festive: parcs d'attraction, "camionettes à narguilé"...Hezbollah-soft?

15/09/2009

Mésaventures (1) Pas de photo au Hezbollah-land


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12/09/2009

"Abu Madoff" ou comment un financier libanais a impliqué le Hezbollah dans une pyramide de Ponzi

Le 2 septembre dernier, son arrestation a mis le Liban en émoi. Salah Ezzeddine, puissant homme d'affaires et financier chiite né au Sud-Liban, aurait dilapidé l'argent de ses clients à hauteur de plus d'1,5 milliards de dollars. Il a été mis en examen juste après s'être déclaré en faillite et a été inculpé pour détournement de fonds et fraude dimanche.

Salah Ezzeddine.jpgDirecteur de l'importante maison d'édition Dar al-Hadi, spécialisée dans les livres religieux et notamment ceux du Hezbollah, il possédait également une chaîne de télévision pour enfants. Parallèlement, il avait beaucoup investi dans le secteur des hydrocarbures. La chute des prix du baril en 2008 lui font subir de très lourdes pertes. C'est à ce moment-là qu'il aurait tenté de les compenser en attirant toujours plus de nouveaux investisseurs, à qui il faisait miroiter des taux d'intérêts allant, selon les sources, de 25% à 60%! Une version proche orientale de la désormais célèbre pyramide de Ponzi qui lui vaut le surnom de « Bernard Madoff » libanais.

Sa réputation parfaite d'homme pieux, construite à coups de dons à des associations caritatives a beaucoup joué dans la confiance que les petits clients lui ont portée. Parmi les victimes de cette affaire, de nombreux habitants des villages du Sud-Liban, épiciers, étudiants, commerçants... A Yaroun, l'un des villages les plus touchés, où près de la moitié des résidents auraient confié leurs économies à Salah Ezzeddine, le montant des pertes est estimé à 150 ou 200 millions de dollars. A Toura, « plus de 250 personnes se seraient vu promettre un rendement de 25% », a raconté le maire du village à l'AFP. Le « Madoff » local compterait également parmi ses clients floués de nombreux hommes d'affaires des pétromonarchies du Golfe, qui pensaient investir dans des projets commerciaux, culturels et médiatiques.

Mais c'est surtout le Hezbollah qui se fait du souci. Le parti de Dieu, dont plusieurs responsables seraient impliqués, voit s'effriter son image d'organisation irréprochable, loin de toute corruption. Interviewé par le journal Al Akhbar, son responsable des affaires internationales a nié toute relation du Hezbollah avec Salah Ezzeddine autre que les liens amicaux qu'il entretiendrait avec certains de ses dirigeants. Mais deux indices prouvent l'implication du parti dans les affaires du Madoff libanais. Selon l'agence al-Markaziya, c'est le service de sécurité du Hezbollah qui aurait repéré Ezzeddine, revenu secrètement au Liban après une fuite de quelques jours pour mettre sa famille à l'abri. Le parti de Dieu l'aurait alors questionné lui-même, avant de le livrer aux autorités. Autre fait notable, c'est un député du Hezbollah, Hussein Hadjj Hassan, qui aurait porté plainte le premier après avoir perdu près de 400 000 dollars. C'est d'ailleurs un chèque sans provision de 200 000 dollars adressé à ce député qui aurait précipité la faillite de Salah Ezzeddine.

Dans les villages du Sud-Liban, c'est l'omerta. Les habitants se gardent de commenter l'affaire. Au mieux, ils avouent connaître un voisin arnaqué, sinon ils couvrent Salah Ezzeddine, en remettant sa bonté et sa religiosité en avant. Personne ne se risque à citer le Hezbollah, très implanté dans la région.
Certaines sources citées par la presse libanaise affirment que les conséquences pour le Hezbollah pourraient être plus graves que lors de la guerre de juillet 2006 contre Israël.
C'est aussi un choc pour Liban, qui se disait à l'abri de la crise économique et qui se retrouve avec une mini-réplique d'un des plus gros scandales financiers de l'année.

 

 
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