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14/09/2009

La fête à Bashir Gemayel

 

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Lui, c'est Bashir Gemayel, le "Bashir" de "Valse avec Bashir".

 

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Eux, ce sont ses jeunes partisans. La plupart n'ont même pas vingt ans. Ils n'étaient donc pas nés lorsque celui qu'ils célèbrent aujourd'hui a été assassiné.

Pour les partisans des phalanges chrétiennes, (et habitants de notre quartier), on pourrait presque dire « ils se sont mis sur leur 14 septembre ». Il y a 27 ans, le chef maronite de ces phalanges, Bashir Gemayel, était tué dans un attentat dans le centre de Beyrouth. Il était Président de la République libanaise depuis trois semaines, et n’avait pas encore prêté serment. Mais ce Bashir n’est pas que connu pour ses bonnes actions : fondateur des Forces Libanaises en 1976, il s’est ‘occupé’ de ses rivaux chrétiens comme Tony Frangié et  a combattu Dany Chamoun. Son organisation est également à l’origine du massacre de Sabra et Chatila, en représailles de son assassinat.

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Devant l'église de la maison centrale à Achrafieh, le sujet est d'ailleurs rapidement évacué. "Certains regrettent ce qu'il s'est passé, concède un partisan, mais il faut aussi voir aussi ce que les Palestiniens ont fait aux chrétiens du Liban..." Un étudiant habitant le quartier confie: "Eux ont leurs martyrs, nous avons le nôtre, khalass!"

Car Bashir Gemayel reste un martyr pour ses partisans, qui sont de sortie pour lui rendre hommage, aujourd'hui. Des photos de lui partout, sur les devantures des magasins, les vitres de voitures…

Des drapeaux en veux-tu en voilà, des défilés et des concerts de klaxon, rien n’est de trop. Place Sassine, près de là où il a été tué, deux camionnettes pleines de baffles se chargent de diffuser, à fond la caisse, des chants en son hommage. Des gens affluent de partout, drapeau à la main, pour assister à la messe célébrée en son hommage. Fouille à l’entrée, sécurité oblige …

A l'intérieur, le patio est rempli de drapeaux blancs ornés du cèdre entouré de rouge.

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La famille (son frère Amine, sa veuve Solange, son fils Nadim et son neveu Sami) et les caciques (Samir Geagea, Zyad Baroud) sont assis aux premiers rangs. A la tribune, Solange Gemayel donne de la voix, et en profite pour dénoncer la situation de blocage politique au Liban (le pays n'a toujours pas de gouvernement depuis les élections du 9 juin dernier).

 

Et à la sortie, les traditionnels coups de feu en l’air, juste pour le côté festif, et les feux d’artifices ou autres pétards…Les cadres du parti et la famille sortent, accompagnés de dizaines de gorilles en costards sombres et lunettes noires.

 

 

 

 

 

 

12/09/2009

"Abu Madoff" ou comment un financier libanais a impliqué le Hezbollah dans une pyramide de Ponzi

Le 2 septembre dernier, son arrestation a mis le Liban en émoi. Salah Ezzeddine, puissant homme d'affaires et financier chiite né au Sud-Liban, aurait dilapidé l'argent de ses clients à hauteur de plus d'1,5 milliards de dollars. Il a été mis en examen juste après s'être déclaré en faillite et a été inculpé pour détournement de fonds et fraude dimanche.

Salah Ezzeddine.jpgDirecteur de l'importante maison d'édition Dar al-Hadi, spécialisée dans les livres religieux et notamment ceux du Hezbollah, il possédait également une chaîne de télévision pour enfants. Parallèlement, il avait beaucoup investi dans le secteur des hydrocarbures. La chute des prix du baril en 2008 lui font subir de très lourdes pertes. C'est à ce moment-là qu'il aurait tenté de les compenser en attirant toujours plus de nouveaux investisseurs, à qui il faisait miroiter des taux d'intérêts allant, selon les sources, de 25% à 60%! Une version proche orientale de la désormais célèbre pyramide de Ponzi qui lui vaut le surnom de « Bernard Madoff » libanais.

Sa réputation parfaite d'homme pieux, construite à coups de dons à des associations caritatives a beaucoup joué dans la confiance que les petits clients lui ont portée. Parmi les victimes de cette affaire, de nombreux habitants des villages du Sud-Liban, épiciers, étudiants, commerçants... A Yaroun, l'un des villages les plus touchés, où près de la moitié des résidents auraient confié leurs économies à Salah Ezzeddine, le montant des pertes est estimé à 150 ou 200 millions de dollars. A Toura, « plus de 250 personnes se seraient vu promettre un rendement de 25% », a raconté le maire du village à l'AFP. Le « Madoff » local compterait également parmi ses clients floués de nombreux hommes d'affaires des pétromonarchies du Golfe, qui pensaient investir dans des projets commerciaux, culturels et médiatiques.

Mais c'est surtout le Hezbollah qui se fait du souci. Le parti de Dieu, dont plusieurs responsables seraient impliqués, voit s'effriter son image d'organisation irréprochable, loin de toute corruption. Interviewé par le journal Al Akhbar, son responsable des affaires internationales a nié toute relation du Hezbollah avec Salah Ezzeddine autre que les liens amicaux qu'il entretiendrait avec certains de ses dirigeants. Mais deux indices prouvent l'implication du parti dans les affaires du Madoff libanais. Selon l'agence al-Markaziya, c'est le service de sécurité du Hezbollah qui aurait repéré Ezzeddine, revenu secrètement au Liban après une fuite de quelques jours pour mettre sa famille à l'abri. Le parti de Dieu l'aurait alors questionné lui-même, avant de le livrer aux autorités. Autre fait notable, c'est un député du Hezbollah, Hussein Hadjj Hassan, qui aurait porté plainte le premier après avoir perdu près de 400 000 dollars. C'est d'ailleurs un chèque sans provision de 200 000 dollars adressé à ce député qui aurait précipité la faillite de Salah Ezzeddine.

Dans les villages du Sud-Liban, c'est l'omerta. Les habitants se gardent de commenter l'affaire. Au mieux, ils avouent connaître un voisin arnaqué, sinon ils couvrent Salah Ezzeddine, en remettant sa bonté et sa religiosité en avant. Personne ne se risque à citer le Hezbollah, très implanté dans la région.
Certaines sources citées par la presse libanaise affirment que les conséquences pour le Hezbollah pourraient être plus graves que lors de la guerre de juillet 2006 contre Israël.
C'est aussi un choc pour Liban, qui se disait à l'abri de la crise économique et qui se retrouve avec une mini-réplique d'un des plus gros scandales financiers de l'année.

 

 
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