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09/09/2009

Mon taxi, notre "service"

Ca vous est sûrement déjà arrivé, de poireauter à l’angle d’une rue, le bras désespérément levé dans l’attente d’être repéré par un taxi, puis de faire 100 mètres, vers cet angle de rue , là « qui, c’est sûr, est plus stratégique ». A Beyrouth, vous n’avez pas ce problème, ce sont les taxis qui vous klaxonnent, pour vous demander si vous ne voulez pas monter ! Et même quand vous en refusez un, le suivant, qui était juste derrière, vous klaxonne quand même, au cas où.

Taxi ou service1.JPGPour vous déplacer le choix est simple, taxi ou service. En fait c’est deux en un. Si vous voulez vous rendre directement à votre destination, hop, on monte dedans, on donne l’adresse, enfin, l’adresse, un endroit connu à côté de la destination parce qu’ici personne ne connaît le nom des rues.

Mais la vrai ‘Beyrouth attitude’, c’est de prendre un « service », à savoir, le même taxi mais en version collective. Mode d’emploi : A peine débarqué à un coin de rue un taxi vous klaxonne, vous dites « Service + destination ? ». Soit il avance et vous prendrez le prochain, soit il vous fait un imperceptible signe de tête et vous avez 10 secondes pour monter dedans. Souvent il y a déjà quelqu’un voire deux ou trois personnes. Bref on se tasse, et la balade commence. On dépose les uns, les autres, fait monter un nouveau client, re-dépose quelqu’un, jusqu’à destination.

L’occasion de croiser du monde, toute sorte de « monde ». La dernière fois quand je suis montée, il y avait une femme chic, en tailleur, descendue dans le centre ville, une jeune femme en jean basquets, qui s’est engouffrée dans un dispensaire. Puis sont montés successivement un militaire, descendu au beau milieu de l’autoroute allant vers Damas, et une quadragénaire d’origine asiatique, qui allait garder des enfants dans la banlieue de la ville. Un concentré de Beyrouth dans une épave Mercedes à destination du boulot !
Tarif unique : 2 000 livres libanaises ( 1,50 $, soit un petit euro) pour une course normale, 4 000 LL si on va un peu loin.

Mais, bien sur, la grande surprise c’est le code de la route, ou plutôt, sa version libanaise personnalisée. Malheur à vous qui pensez qu’un feu rouge signifie s’arrêter. Ici, quel que soit le panneau, c’est la grande débrouille et à qui se faufilera le mieux et, surtout, le plus vite. Pas de respect de voies de circulation, il y en a autant que la largeur de la route le permet, ça dépend de la taille du véhicule voisin. Idem pour les ronds points, on passe où l’on peut sans penser plan de circulation.

Un geste qui sauve, que les taxis maîtrisent à la perfection, le : « attends, je passe ». Réunissez vos doigts comme pour vous les faire taper à l’ancienne, et monter puis descendez la main dans un mouvement de temporisation et …Inch’Allah. Mais jeux de main, jeux de vilains, ça se finit parfois à coups de poings au milieu de la chaussée (histoire de paralyser un peu plus le coin et d’intensifier le concert de klaxon).

Si vous ne le sentez pas, prenez un « service ». Lui, il gère.

 
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